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Embroidered artwork for Ahimsa (non-violence) : le pilier central du jaïnisme — son application à tous les êtres vivants, ses implications dans l’alimentation et le mode de vie, et ses fondements philosophiques: Embroidered Jain ahimsa palm with a gold wheel, white marble temples and lotuses at dawn

Ahimsa (non-violence)

le pilier central du jaïnisme — son application à tous les êtres vivants, ses implications dans l’alimentation et le mode de vie, et ses fondements philosophiques

Ahimsa (non-violence)

le pilier central du jaïnisme — son application à tous les êtres vivants, ses implications dans l’alimentation et le mode de vie, et ses fondements philosophiques

Cet article explique pourquoi la non-violence (ahimsa) est la doctrine fondamentale du jaïnisme, comment elle s’étend à tous les êtres vivants, et comment elle influence profondément l’alimentation, les habitudes quotidiennes et la philosophie des jaïns.

Au cœur du jaïnisme se trouve un principe simple mais radical : ne faire de mal à aucun être vivant. Ce principe s’appelle ahimsa, ce qui signifie « non-violence » en sanskrit. Pour les jaïns, ahimsa n’est pas une simple recommandation morale, mais la règle suprême qui guide toute leur vie. Contrairement à d’autres traditions où la non-violence concerne surtout les humains, le jaïnisme l’étend à tous les êtres qui possèdent une âme – et selon cette religion, même les plus petites créatures, comme les insectes, les vers ou les micro-organismes, ont une âme (jiva). Chaque âme est égale en essence, donc blesser une fourmi ou un moustique est considéré aussi grave que blesser un humain. Cette conviction pousse les jaïns à adopter un mode de vie extrêmement attentif pour éviter de nuire à quoi que ce soit.

Cette vision philosophique repose sur l’idée que toute âme est pure, éternelle et capable de libération (moksha). Les actes de violence génèrent du karma – une substance subtile qui s’attache à l’âme et la maintient dans le cycle des renaissances. Pour se libérer de ce cycle, il faut accumuler du bon karma, mais surtout éviter d’en créer du mauvais. La violence étant la plus grande source de mauvais karma, les jaïns font tout pour l’éviter. Cela explique pourquoi beaucoup de jaïns pratiquent le végétalisme strict, refusant toute chair animale, y compris les œufs, le poisson et même certains légumes racines comme les carottes ou les pommes de terre. Pourquoi ? Parce que les racines abritent de nombreux micro-organismes et que les arracher du sol tue ces petits êtres. Certains jaïns poussent le souci de non-violence jusqu’à porter un petit balai (pinchi) pour balayer doucement le sol devant eux avant de marcher, afin de ne pas écraser accidentellement un insecte.

L’influence de ahimsa sur l’alimentation est particulièrement visible. La plupart des jaïns sont lacto-végétariens : ils consomment du lait, des produits laitiers, des fruits, des légumes (sauf ceux poussant sous terre), des céréales et des légumineuses, mais jamais de viande, de volaille, de poisson ou d’œufs. Ils évitent aussi la fermentation et certains aliments qui pourraient abriter de petits êtres vivants, comme le vinaigre ou le miel. Pendant les périodes de jeûne, certains jaïns ne mangent que des aliments bouillis pour minimiser les risques de tuer accidentellement des insectes. En dehors de l’alimentation, la non-violence influence tous les gestes quotidiens : boire de l’eau filtrée pour ne pas avaler de petits êtres, ne pas tuer les moustiques même s’ils piquent, refuser les métiers qui impliquent la violence directe ou indirecte (élevage, abattoir, pêche, etc.). Les jaïns choisissent souvent des professions non violentes comme le commerce, la banque ou l’éducation.

La philosophie jaïne distingue plusieurs formes de violence. La violence intentionnelle (sankalpahinsa) est la plus grave : c’est celle que l’on commet délibérément. Mais il existe aussi la violence commise par nécessité ou par inadvertance, comme marcher sur des fourmis sans le savoir. Les jaïns les plus rigoristes (les moines et les nonnes) cherchent à éliminer presque toute forme d’inadvertance en restreignant leurs déplacements, en ne sortant que pendant la journée et en surveillant constamment leurs gestes. Cependant, il est impossible d’éviter toute violence – respirer ou boire de l’eau tue forcément des micro-organismes. Les jaïns reconnaissent cette limite et insistent sur l’intention : ce qui compte vraiment est d’avoir la volonté de réduire la violence au maximum, non pas d’atteindre une pureté impossible.

Les textes jaïns, comme les Agamas, insistent sur le fait que ahimsa est la plus haute vertu. Un célèbre verset jaïn déclare : « Ahimsa paramo dharmah » – la non-violence est la plus haute religion. Cette idée a influencé d’autres traditions indiennes, notamment le bouddhisme et l’hindouisme, mais chez les jaïns elle reste centrale. Il existe deux grandes branches du jaïnisme – les Digambaras et les Shvetambaras – qui diffèrent sur certains points de pratique, mais toutes deux placent ahimsa au-dessus de tout. Aujourd’hui, environ quatre à cinq millions de jaïns vivent en Inde et dans la diaspora, et ils continuent à appliquer ce principe avec une rigueur qui impressionne même les observateurs extérieurs. Pour eux, chaque geste de non-violence est un pas vers la libération de l’âme.

Le saviez-vous ?

Portée universelle

Pour les jaïns, ahimsa ne se limite pas aux humains : tout être doté d’une âme (jiva) – insectes, vers, micro-organismes – mérite la même protection. Blesser une fourmi est aussi grave que blesser un humain, car chaque âme est égale en essence.

Régime sans racines

Le végétalisme jaïn exclut non seulement la viande, les œufs et le poisson, mais aussi les légumes racines (carottes, pommes de terre). Pourquoi ? Parce que les arracher tue les micro-organismes qui y vivent, violant ainsi le principe de non-violence.

Le balai de la compassion

Certains jaïns portent un petit balai (pinchi) pour balayer doucement le sol devant eux avant de marcher. Ce geste évite d’écraser accidentellement un insecte – une application concrète de la vigilance quotidienne exigée par ahimsa.

Violence intentionnelle vs involontaire

La philosophie jaïne distingue sankalpahinsa (violence délibérée) de celle commise par inadvertance. Même si respirer ou boire de l’eau tue des micro-organismes, l’intention de réduire la violence au maximum compte davantage qu’une pureté impossible.

Influence et nombre

Le principe « Ahimsa paramo dharmah » (la non-violence est la plus haute religion) a marqué le bouddhisme et l’hindouisme. Aujourd’hui, 4 à 5 millions de jaïns en Inde et dans la diaspora continuent d’appliquer cette rigueur, choisissant des métiers non violents comme le commerce ou l’éducation.